Situation actuelle

Le siècle qui se termine est celui pendant lequel les humains ont consommé le plus de ressources minières et d'énergie. Dans le même temps, on assiste à une dégradation de la planète due aux rejets de produits qui polluent de manière dramatique l'air, l'eau et le sol.

Les industriels en général et les constructeurs d'automobiles en particulier ne sont pas étrangers à cette pollution. En effet, en raison de la forte concurrence, le choix des procédés de production et des matières utilisées, a été guidé uniquement par des considérations de coût du produit fini.

La production et l'usage de l'automobile sont donc au centre des préoccupations des gouvernements mondiaux comme cela fut confirmé lors de la conférence de Rio de Janeiro de mai 1992 sur la protection de l'atmosphère.

Il est donc intéressant de prendre connaissance de ces nouvelles lois et d'évaluer leur incidence sur l'automobile et les matériaux plastiques.

La législation

Loi du 13 juillet 1992 : interdiction de mise en décharge des déchets sans autorisation préalable à partir de 2002. A cette date, fermeture des décharges de classe 1 (déchets ménagers et assimilés).

Accord-cadre du 10 mars 1993 : signé entre tous les acteurs de la filière automobile et les pouvoirs publics. Ne pas avoir plus de 15 % de déchets ultimes par véhicule, avec un maximum de 200 kg en 2002. A terme, descendre à 5% du poids total du véhicule.

Projet de directive européenne adopté le 9 juillet 1997 par la Commission Européenne et qui doit maintenant être entériné par le Parlement de Strasbourg.

Dans un premier temps, son but est d’arriver à un taux de réutilisation des véhicules de 85 % en 2005, dont 80% de recyclage. Dans un second temps, elle vise à atteindre les 95 % de réutilisation en 2015, dont 85 % de recyclage.

Le casse tête

Les chiffres qui circulent sur le nombre de V.H.U. (véhicules hors d'usage) qui atterrissent chaque année, en France, chez les démolisseurs, dans les garages ou les fonds de jardin sont des plus flous. On parle de plus de 1,5 million. Et pourtant, d'ici 2003 il faudra sérieusement s'occuper d'eux. Les législations française et européenne ne permettent plus de laisser traîner ces vieilles carcasses n'importe où. Pour être véritablement propre, la voiture de demain se devra d'être recyclable.

Les constructeurs annoncent aujourd'hui un taux de recyclabilité de 75 % par véhicule, ce qui correspond en fait aux parties métalliques de la voiture. Or il faudra d'ici quelques années, atteindre les 85%, voire 95% de réutilisabilité. Dans les bureaux d'étude, il reste du travail.

C'est donc du côté des plastiques que les traitements sont les plus variés et les recherches sans doute les plus complexes. Non seulement les plastiques prennent de plus en plus d'importance au sein des véhicules mais, entre polypropylène, polyuréthanne, polyéthylène... , la palette de produits utilisés dans l'automobile est pour le moment très large.

De plus dans la grande famille des plastiques, on ne se mélange pas. Ou alors très rarement. Si le PBT et le polycarbonate veulent bien faire " alliage commun", d'autres couples, tels que le PVC et le PBT, par exemple, refusent absolument de se marier. Même de proches cousins, comme le polypropylène et le polyéthylène, font des difficultés pour se mélanger. Cette incompatibilité complique singulièrement le recyclage de ces matériaux.

Mais attention, on parle de véhicules récents ou à venir. Or la majorité des véhicules qui s'entasse aujourd'hui chez les démolisseurs comme ceux qui viendront encore les alimenter demain, comprendra encore une grande diversité de plastiques car la durée de vie moyenne d'un modèle est d'environ 20 ans. L'enjeu, aujourd'hui, est certes de réfléchir aux véhicules de demain, mais peut-être encore plus, de mettre au point des techniques de recyclage pour l'existant.

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