
[Suivant] [Précédent] [Sommaire]
A) Les conséquences de l'épaississement :
En prenant de l'épaisseur qui dégage, certes, un volume utile, les corps volumiques acquièrent également un certain nombre de caractéristiques dont la principale est d'offrir aux diverses forces et contraintes qui résultent de la viscosité, des axes et des surfaces de projection. En effet, ce n'est pas qu'il n'y a pas de frottement dans le cas de la plaque plane perpendiculaire, ce sont les projections qui ne sont pas possibles par manque de composante parallèle à l'axe du mouvement. De même ce n'est pas qu'il n'y a pas de différences (dues à l'évolution de la couche limite) dans la répartition des pressions statiques le long de la plaque plane parallèle à l'écoulement, c'est la projection de ces forces qui n'est pas possible, là encore, par manque de composante parallèle à l'axe du mouvement. Or un corps volumique, présente des surfaces qui ne se confondent plus, ni avec l'axe du mouvement, ni avec la surface perpendiculaire à cet axe, encore appelée "surface frontale". Dès lors, qu'il s'agisse des contraintes tangentielles (à la surface du corps) dans le cas des forces de frottement, ou qu'il s'agisse des forces de pression (par principe perpendiculaires à la surface du corps), toutes ces forces diversement obliques par rapport au vent relatif auront désormais des composantes qui se projetteront aussi bien sur la surface frontale que sur l'axe du mouvement.
On aura ainsi compris qu'avec la projection des composantes axiales et frontales des forces obliques agissant sur les corps épais, on obtient des traînées combinées, avec une partie de frottement et une partie de traînée de pression (ou culot) dans des proportions diverses selon la qualité aérodynamique de l'objet considéré. Or, tout ceci, encore une fois, n'est dû qu'à la seule viscosité.
Intermède :
Imaginez un moment ce que serait un monde sans viscosité tel que l'affectionnent les théoriciens (c'est le fameux paradoxe de d'Alembert). Il faut avouer que ce n'est pas mal . Les corps n'ont plus, ni traînée de frottement (les avions peuvent être aussi spacieux et confortables que l'on veut), ni traînée de pression (toutes les formes imaginables deviennent alors possibles). En somme, c'est un monde de rêve pour designers et services marketing. Malheureusement c'est aussi le monde mental de quelques concepteurs géniaux" et ingénieurs professionnels. De ce monde mental, on peut conclure que certains avions devaient être conçus, à l'origine, pour voler dans un fluide non visqueux, que la compétence technique est réservée à ceux qui n'ont pas de moyens financiers, que les utilisateurs-payeurs sont des benets à la merci des designers et des spécialistes de la pub, en deux mots : des consommateurs ?
Toujours est-il que les programmes de calculs les plus sophistiqués font appel (partiellement il est vrai) à la théorie des fluides non visqueux, notamment pour le calcul de la répartition des pressions et, que de ce fait, ils sont incapables de prédire les décollements, tout comme ils sont incapables de prédire l'endroit de la transition laminaire/turbulent (notamment aux grands angles). Par conséquent aucune prédiction de traînée parasite n'est possible, et il faut bien se rendre à l'évidence que seule l'expérimentation ou la technique dite de "l'avion de référence" permettent de lever les hypothèses d'une pratique qui n`a plus rien alors d'une science exacte (Exit donc les prétentions).