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3) L'épaississement de la plaque plane
Pour en revenir à l'étalon cylindrique (facilement définissable),
il est intéressant de citer cette autre expérience de "balayage
des Reynolds" dont l'intérêt réside dans l'exploration
qui a été faite de l'épaisseur relative d'un corps
à génératrices perpendiculaires à l'écoulement,
depuis la plaque plane (épaisseur nulle), jusqu'au cylindre (épaisseur
relative de 1), en passant par toutes les sections elliptiques intermédiaires,
de telle manière que la surface en plan soit conservée.

Figure 27 : Effets de l'épaississement elliptique "e"
d'une plaque plane de corde "c" et d'envergure "b"
infinie
La figure 27 reproduit les résultats obtenus dans cette étude,
résultats qui sont représentés par des courbes continues.
A titre indicatif, nous avons également reproduit, mais au moyen
de lignes discontinues, les courbes maintenant connues des "Cf"
laminaire et turbulent. Quelques commentaires sont à faire à
propos de cette figure :
- La courbe e/c = 0 (cas de la plaque plane d'épaisseur nulle)
se confond avec la courbe en pointillés laminaire, et suit une courbe
de transition différente de celle habituellement donnée.
Ceci est normal, et rappelle que l'on est en terrain expérimental
(par essence non exact). En fait, il y a une zone de transition (représentée
en grisé) qui recouvre une multiplicité de courbes dites
"de transition", et les montages expérimentaux les plus
rigoureux ne pourront pas réduire totalement une incertitude liée
à la qualité des plaques, des écoulements, du bruit,
etc... (il faut s'y faire!).
- La courbe e/c = 1 (cas du cylindre) suit une courbe tout à fait
similaire à celle de la figure 24, à cette différence
près qu'il s'agit ici d'un cylindre et non pas d'une sphère.
La trainée supérieure du cylindre par rapport à la
sphère s'explique par le fait que le cylindre (d'allongement infini)
n'autorise qu'un contournement bidimensionnel, alors qu'il est tridimensionnel
pour la sphère.
- Par ailleurs, il s'agit ici de "Cf" référencés
à une surface mouillée projetée et non pas de "Cx"
ou de "Cxp" référencés à une surface
frontale comme c'est le cas pour les valeurs (1.02 et 0.35) données
précédemment pour le cylindre d'allongement infini (figure
19 e).
- Quoique l'ellipse ne soit pas vraiment une forme aérodynamique,
il se trouve que les décollements sont suffisamment fai bles pour
que, en deçà de 12 % d'épaisseur relative, les courbes
suivent parallèlement celles des plaques planes laminaire et turbulente.
- Les courbes d'épaisseur relative égale et supérieure
à 25 % présentent une forme différente des courbes
de plaque plane, et soulignent une différence notable de comportement
: il n'y a pas seulement un culot (avec traînée de pression)
qui s'est installé, il y a aussi un couplage qui s'est instauré
entre la transition d'une part et le décollement d'autre part, question
qui sera traitée un peu plus loin. Dès 25 % d'épaisseur
relative, la courbe présente ainsi une allure qui se rapproche de
celle du cylindre avec un premier et un second régime.
- Quelque part entre 12 % et 15 % d'épaisseur relative s'installent
des décollements majeurs en deçà d'un Reynolds de
200.000 à 300.000 (décollements laminaires) qui vont s'amplifiant
jusqu'au cylindre.
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